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Casque Vélo Obligatoire à Aurillac : Analyse de l’Arrêté Municipal et du Débat National

Casque Vélo Obligatoire à Aurillac : Analyse de l'Arrêté Municipal et du Débat National (2026)

Dernière mise à jour : 25 janvier 2026

Panneau entrée ville Aurillac avec obligation casque vélo depuis janvier 2026

Depuis le 15 janvier 2026, Aurillac impose le port du casque à vélo et en trottinette à tous les âges, sous peine d'amende allant jusqu'à 150€. Cette décision, prise après le décès tragique d'un agent municipal en trottinette, relance le débat national sur l'efficacité réelle de cette mesure. Entre émotion compréhensible et politique de sécurité routière efficace, cet article décrypte l'arrêté, analyse les données factuelles et interroge : le casque obligatoire rend-il vraiment les rues plus sûres ?

À retenir (TL;DR)

  • 15 janvier 2026 : Aurillac impose casque + gilet réfléchissant obligatoires (tous âges)
  • Sanction : amende jusqu'à 150€ + saisie possible de l'engin
  • Déclencheur : décès agent municipal 42 ans (trottinette percutée par voiture)
  • Débat : associations cyclistes quasi-unanimes contre cette mesure
  • Données scientifiques : efficacité casque limitée dans collisions avec véhicules motorisés
  • Effet contre-productif : risque de décourager la pratique du vélo (données Australie : -30%)
  • Consensus international : sécurité = infrastructure + réduction vitesse, pas équipement individuel
📑 Sommaire complet de l'article

Le contexte : un accident tragique qui change tout

18 décembre 2025 : un drame à Aurillac

Le 18 décembre 2025, un agent municipal de 42 ans circulant en trottinette électrique est mortellement percuté par un automobiliste à Aurillac. L'émotion est immédiate, palpable dans toute la ville.

Face à ce drame, le maire Pierre Mathonier réagit rapidement : moins d'un mois plus tard, le 15 janvier 2026, un arrêté municipal impose le port du casque et d'équipements rétro-réfléchissants à tous les cyclistes et utilisateurs de trottinettes, quel que soit leur âge.

Une mesure présentée comme "évidente pour sauver des vies". Mais derrière cette réaction compréhensible se cache une question centrale que cet article va explorer : le casque obligatoire répond-il au problème posé ?

Note importante : Cet article ne dit pas "le casque ne sert à rien". Il interroge la pertinence d'une obligation généralisée comme réponse à l'insécurité routière.


Ce que dit l'arrêté municipal d'Aurillac

Aurillac n'est pas seule

Selon le site officiel de la mairie, Aurillac rejoint plusieurs communes françaises ayant pris des arrêtés similaires : Étampes, Hautmont, Vence, Bourg-lès-Valence, Nice et Nogent-sur-Seine.

Précision importante : À Nogent-sur-Seine et Nice, l'arrêté ne concerne que les trottinettes, pas les vélos. Aurillac va donc plus loin en imposant le casque aux cyclistes de tous âges.

Les obligations concrètes

Depuis le 15 janvier 2026, tout cycliste et utilisateur d'EDPM (Engins de Déplacement Personnel Motorisés) circulant sur la commune d'Aurillac doit porter :

  • Un casque homologué (norme EN 1078 ou équivalent)
  • Un équipement rétro-réfléchissant (type gilet haute visibilité)

Ces obligations s'appliquent à tous les âges, sur l'ensemble du territoire de la commune, de jour comme de nuit.

Sanctions en cas de non-respect

  • Amende pouvant aller jusqu'à 150 euros
  • Saisie de l'engin possible (vélo ou trottinette)
  • Verbalisation effectuée par la police municipale

Comparaison avec la loi nationale

Critère Loi nationale Arrêté Aurillac
Âge obligation casque Moins de 12 ans uniquement Tous âges
Zone d'application France entière Commune d'Aurillac uniquement
Amende 135€ (adulte accompagnant enfant) Jusqu'à 150€ (cycliste lui-même)
Gilet réfléchissant Hors agglomération la nuit Toujours obligatoire
Saisie de l'engin Non Possible

Point notable : L'arrêté d'Aurillac va significativement au-delà du cadre national, notamment en imposant le gilet réfléchissant en permanence, y compris en plein jour en centre-ville.

Pour rappel des règles nationales, consultez notre guide complet sur l'obligation du casque vélo en France.


Base légale : le maire peut-il faire ça ?

Le pouvoir de police municipale

Juridiquement, le maire dispose d'un pouvoir de police générale en vertu de l'article L2212-2 du Code général des collectivités territoriales. Ce pouvoir lui permet de prendre des mesures pour assurer :

  • La sécurité publique
  • La salubrité
  • La tranquillité publique

Dans ce cadre, un maire peut effectivement prendre des arrêtés municipaux contraignants sur son territoire, y compris en matière de circulation.

Mais avec des limites

Toutefois, ces arrêtés doivent respecter plusieurs principes :

  • Proportionnalité : la mesure doit être adaptée au risque
  • Non-contradiction avec la loi nationale : un arrêté municipal ne peut pas contredire une loi
  • Motivation claire : le danger justifiant la mesure doit être établi

Risque de contestation juridique

L'arrêté d'Aurillac pourrait faire l'objet d'un recours devant le tribunal administratif sur plusieurs fondements :

  • Atteinte disproportionnée à la liberté de circulation
  • Absence de caractérisation d'un danger spécifique à Aurillac justifiant une mesure plus restrictive que la loi nationale
  • Contradiction potentielle avec la politique nationale de développement du vélo

À ce jour (janvier 2026), aucun recours n'a été annoncé publiquement, mais la situation reste à suivre.


Efficacité réelle du casque : ce que disent les données

Ce que protège un casque vélo (et ce qu'il ne protège pas)

Soyons clairs : un casque vélo protège effectivement dans certaines situations. Les études scientifiques le démontrent.

✅ Situations où le casque est efficace :

  • Chutes isolées à faible vitesse (moins de 20 km/h)
  • Collisions entre cyclistes
  • Chocs directs au crâne avec surface rigide
  • Réduction de 60 à 70% des traumatismes crâniens dans ces contextes (source : Cochrane Review)

❌ Limites objectives du casque :

  • Collisions avec véhicules motorisés à vitesse élevée (>30 km/h)
  • Chocs haute énergie : l'énergie cinétique dépasse largement ce qu'un casque peut absorber
  • Ne protège pas : thorax, abdomen, membres, organes internes
  • Accidents mortels : efficacité fortement réduite (polytraumatismes)

Le cas d'Aurillac : un choc haute énergie

Rappelons les faits : un homme de 42 ans en trottinette électrique percuté par un automobiliste. Il s'agit donc d'une collision avec véhicule motorisé, exactement le type de choc où l'efficacité d'un casque est la plus limitée.

"Dans une collision avec un véhicule motorisé, notamment à vitesse élevée, le casque ne fait pas disparaître l'énergie cinétique. Il ne protège ni le thorax, ni les membres, ni contre l'écrasement."
Weelz, média spécialisé mobilité active

Question centrale : Si le casque ne peut pas prévenir efficacement ce type d'accident mortel, impose-t-on la bonne solution ?

Les chiffres de la mortalité routière en France

Selon les données de la Sécurité Routière et de l'Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière (ONISR) :

  • 187 cyclistes tués en 2019 (dernières données consolidées disponibles)
  • Plus de 1600 cyclistes hospitalisés la même année
  • Le risque pour un cycliste d'être victime d'un accident est trois fois plus élevé que pour un automobiliste
  • Le risque d'être gravement blessé est seize fois plus élevé que pour un automobiliste
  • Les blessures les plus graves touchent la tête, d'où l'importance du casque dans certaines situations

Source : Sécurité Routière - Casque et protections vélo

Note importante : Ces chiffres sont probablement sous-estimés, car les forces de l'ordre ne sont pas toujours appelées lors d'accidents n'impliquant pas de véhicule motorisé, notamment avant un transfert vers l'hôpital.

L'expérience australienne : un cas d'école

L'Australie a rendu le casque vélo obligatoire en 1990-1991. Les résultats, documentés par de nombreuses études, sont instructifs :

  • Baisse immédiate de la pratique du vélo : -30 à -40%
  • Pas de réduction proportionnelle de la mortalité cycliste
  • Effet contre-productif sur la santé publique (moins d'activité physique)

À l'inverse, les Pays-Bas, où le casque n'est pas obligatoire et très peu porté :

  • Taux de pratique du vélo parmi les plus élevés au monde (27% des déplacements)
  • Mortalité cycliste la plus basse d'Europe : 0,8 décès pour 100 000 habitants
  • Infrastructure cyclable séparée sur des milliers de kilomètres

Corrélation claire : La sécurité des cyclistes ne dépend pas de l'obligation du casque, mais de la qualité de l'infrastructure et de la réduction des vitesses.


Le débat national : une opposition quasi-unanime

Les associations cyclistes montent au créneau

La décision d'Aurillac a déclenché une vague de réactions dans la communauté cycliste française, quasi-unanimement critiques.

Sur LinkedIn, le débat lancé par Jean Venet, CEO de Morio et Président du cluster Vélo Vallée, a généré des centaines de commentaires, révélant une opposition massive à l'obligation du casque chez les cyclistes réguliers, les associations et les experts mobilité.

"Porter un casque ne réduit pas l'accidentologie ; cela peut, au mieux, réduire les dégâts. [...] Mettre vélo et trottinette dans le même panier : forcément, la visibilité n'est pas la même. [...] Si on transposait le problème à la marche, ça reviendrait à dire que, plutôt que de construire des trottoirs et des passages piétons, on demande aux usagers de se protéger. [...] On ajoute une règle pour les vélos alors que le problème semble surtout concerner les trottinettes, et on demande à l'individu de compenser les manquements du collectif."
Jean Venet sur LinkedIn

Les arguments contre l'obligation

Les opposants à la mesure d'Aurillac avancent plusieurs arguments documentés :

1. Déplacement de responsabilité

L'obligation du casque fait porter aux victimes potentielles la responsabilité de leur sécurité, plutôt que de réguler les sources de danger (vitesse, infrastructure).

Dans l'accident d'Aurillac : un homme en trottinette percuté par un automobiliste. La réponse : obliger le trottinettiste à porter un casque. Et l'automobiliste ? Sa vitesse ? L'infrastructure ? Rien.

2. Effet dissuasif sur la pratique du vélo

Le vélo est une pratique spontanée et simple. L'obligation du casque crée une barrière mentale et pratique :

  • Oubli du casque = impossibilité de se déplacer
  • Vélo en libre-service (Vélib', etc.) incompatible avec casque obligatoire
  • Image du vélo comme activité "dangereuse"

3. Paradoxe "safety in numbers"

De nombreuses études démontrent que plus il y a de cyclistes dans une ville, plus chaque cycliste individuel est en sécurité. Pourquoi ? Parce que les automobilistes sont habitués à leur présence et adaptent leur conduite.

Si l'obligation du casque décourage la pratique (comme en Australie), on se retrouve avec moins de cyclistes, donc moins de sécurité pour ceux qui restent. Effet contre-productif.

4. Santé publique : le vrai enjeu oublié

En France, 9% des décès (plus de 60 000 personnes par an) sont liés à l'inactivité physique (source : Santé Publique France).

Comparaison :

  • 60 000 morts/an liés à la sédentarité
  • 187 cyclistes tués/an dans des accidents (2019)

Toute mesure qui décourage la pratique du vélo a donc un impact négatif massif sur la santé publique, bien supérieur aux quelques accidents évités (si tant est que le casque les évite dans des collisions avec voitures).

Les voix "pro-obligation" : compréhensibles mais insuffisantes

Il serait injuste de ne pas mentionner les arguments des défenseurs de la mesure. Dans la vidéo de la mairie d'Aurillac :

Dr Mathieu Deloy, médecin urgentiste au centre hospitalier d'Aurillac, évoque recevoir de nombreux patients polytraumatisés avec traumatismes crâniens. Son témoignage est sincère et basé sur son expérience terrain.

Sébastien Chabrat, commandant des sapeurs-pompiers, insiste sur l'importance des équipements de protection.

Ces témoignages sont légitimes. Personne ne conteste que des blessures à la tête surviennent et qu'un casque peut, dans certains cas, les atténuer.

Mais une question reste sans réponse dans leurs interventions : quelle est la cause de ces accidents ? Les cyclistes tombent-ils tout seuls, ou sont-ils percutés par des véhicules motorisés circulant trop vite dans un espace mal sécurisé ?

Le commandant Chabrat va même jusqu'à rappeler aux cyclistes de "respecter vitesse, feux rouges et stops". Le réflexe classique : "Oui, mais les cyclistes..."

Pendant ce temps, pas un mot sur les limitations de vitesse des automobilistes, leur respect effectif, les contrôles, les aménagements cyclables ou la sécurisation des carrefours.


Le vrai problème ignoré : infrastructure et vitesse

Retour sur l'accident du 18 décembre

Un homme de 42 ans, agent municipal, circulant en trottinette électrique, percuté mortellement par un automobiliste.

Les questions que personne ne pose publiquement :

  • À quelle vitesse circulait l'automobiliste ?
  • Y avait-il une infrastructure séparée pour les trottinettes/vélos ?
  • L'intersection était-elle sécurisée ?
  • La visibilité était-elle suffisante ?
  • L'automobiliste respectait-il le Code de la route ?

Ces questions sont essentielles, car elles pointent vers les vraies causes de l'accident. Et pourtant, elles disparaissent du récit au profit d'une solution unique : le casque obligatoire.

Consensus scientifique international : infrastructure > casque

Toutes les études sérieuses en sécurité routière convergent vers les mêmes conclusions :

🛣️ Mesures efficaces pour la sécurité des cyclistes :

  1. Séparation physique des flux : pistes cyclables protégées par bordure ou plots
  2. Réduction des vitesses : zones 30 généralisées en ville, zones de rencontre (20 km/h)
  3. Sécurisation des carrefours : là où surviennent 70% des accidents graves
  4. Continuité des itinéraires cyclables : pas d'interruption brutale forçant à se mêler au trafic
  5. Contrôle et sanctions des comportements dangereux (vitesse excessive, dépassements trop proches, non-respect priorités)

Ces mesures sont prouvées efficaces par des décennies d'expérience aux Pays-Bas, au Danemark, en Allemagne.

L'exemple des villes modèles

Ville/Pays Casque obligatoire Infrastructure Mortalité cycliste
Pays-Bas ❌ Non ✅ Excellent (35 000 km pistes) 0,8/100k hab (la plus basse)
Copenhague ❌ Non ✅ Excellent (500+ km pistes) 1,1/100k hab
France ⚠️ Partiel ( ⚠️ Insuffisant 1,3/100k hab
Australie ✅ Oui (depuis 1990) ⚠️ Insuffisant 1,5/100k hab

Sources : European Cyclists' Federation (ECF), Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

Conclusion évidente : Les pays sans obligation casque mais avec infrastructure de qualité sont les plus sûrs pour les cyclistes.

Et à Aurillac, quelle infrastructure cyclable ?

Cette information cruciale est absente du débat public. La ville d'Aurillac dispose-t-elle de :

  • Pistes cyclables continues et protégées ?
  • Carrefours sécurisés avec priorité cycliste ?
  • Zones 30 généralisées ?
  • Stationnements vélo sécurisés ?

Sans cette infrastructure, le casque obligatoire revient à demander aux cyclistes de se protéger individuellement d'un environnement dangereusement conçu.

"Ce n'est pas aux cyclistes de casquer. La sécurité se construit sur la chaussée, pas sur la tête de ceux qui risquent leur peau."
Weelz

Le risque d'un effet contre-productif

Moins de cyclistes = moins de sécurité

Rendre le casque obligatoire partout, pour tous, tout le temps, a deux effets collatéraux bien documentés :

1. Découragement de la pratique du vélo
L'expérience australienne l'a montré : obligation du casque = baisse immédiate de 30 à 40% de la pratique. Pourquoi ?

  • Contrainte supplémentaire (oubli du casque = impossible de circuler)
  • Coût (40-150€ pour un casque homologué)
  • Incompatibilité avec vélo en libre-service
  • Message implicite : "le vélo est dangereux"

2. Effet "safety in numbers" inversé
Moins il y a de cyclistes dans une ville, plus chaque cycliste individuel est en danger. Les automobilistes, moins habitués à leur présence, font moins attention, adaptent moins leur conduite.

Résultat paradoxal : une mesure pensée pour la sécurité peut produire l'effet inverse.

Impact santé publique

L'inactivité physique tue 60 000 personnes par an en France (maladies cardiovasculaires, diabète, cancers). Le vélo est un moyen simple et accessible de lutter contre cette sédentarité.

Si l'obligation du casque fait baisser la pratique du vélo de seulement 10% (hypothèse basse), cela représente des centaines de décès supplémentaires par inactivité physique, bien plus que les quelques accidents de vélo évités (si tant est qu'ils le soient).

Bilan santé publique net : potentiellement négatif.

Compensation du risque

Des études suggèrent que les cyclistes portant un casque prennent parfois plus de risques, avec un faux sentiment de sécurité ("je suis protégé, donc je peux aller plus vite, être moins vigilant").

De même, certaines études montrent que les automobilistes dépassent moins large les cyclistes casqués, considérant qu'ils sont "protégés".

Ces effets sont débattus, mais ils pointent vers une réalité : la sécurité est un système complexe, pas une simple équation "casque = moins d'accidents".


Ce qu'il aurait fallu faire à Aurillac

Pour protéger efficacement les usagers vulnérables de la route, les solutions existent et sont documentées internationalement.

Elles demandent certes plus d'investissement (en temps, en budget, en volonté politique) qu'un simple arrêté municipal. Mais leur efficacité est prouvée par des décennies d'expérience dans les villes européennes les plus cyclables.

Mesures concrètes à mettre en œuvre

🚧 Infrastructure

  • Créer des pistes cyclables séparées sur les axes principaux
  • Sécuriser les carrefours : sas vélo, feux avancés, marquage au sol renforcé
  • Assurer la continuité des itinéraires cyclables (pas d'interruption brutale)
  • Stationnements vélo sécurisés en centre-ville et points d'intérêt

🚦 Régulation de la vitesse

  • Zones 30 généralisées en centre-ville
  • Zones de rencontre (20 km/h) dans les secteurs les plus fréquentés
  • Radars pédagogiques pour sensibiliser
  • Contrôles effectifs et sanctions des excès de vitesse

👮 Contrôle des comportements dangereux

  • Dépassements trop proches des cyclistes (distance 1,5m obligatoire)
  • Non-respect des priorités cyclistes aux carrefours
  • Stationnement sauvage sur pistes cyclables
  • Usage du téléphone au volant (première cause d'inattention)

📢 Sensibilisation

  • Campagnes ciblant les automobilistes (pas seulement les cyclistes)
  • Formation Code de la route : droits et vulnérabilité des cyclistes
  • Communication apaisée : partage de la route, respect mutuel

Ces mesures fonctionnent : les preuves existent

Ces solutions ne sont pas théoriques. Elles ont fait leurs preuves :

  • Paris : développement massif de pistes cyclables → forte hausse de la pratique + accidents en baisse relative
  • Strasbourg : réseau cyclable continu + zones 30 → ville la plus cyclable de France
  • Grenoble : politique volontariste mobilités actives → baisse mortalité routière globale

Ces villes n'ont pas rendu le casque obligatoire. Elles ont créé un environnement où le vélo est objectivement plus sûr.

Le casque peut rester un choix

Personne ne dit qu'il ne faut pas porter de casque. Chacun est libre d'évaluer son propre niveau de risque et de choisir ses équipements en conséquence.

Un cycliste peut décider de porter un casque :

  • Pour ses trajets sur route rapide
  • Pour des sorties sportives
  • Pour son VTT en forêt
  • Parce qu'il se sent plus en confiance avec

Un cycliste peut décider de ne pas porter de casque :

  • Pour ses trajets urbains courts à faible vitesse
  • Sur pistes cyclables séparées
  • Parce qu'il préfère la praticité et la spontanéité

Les deux choix sont légitimes. L'obligation généralisée supprime cette liberté, sans apporter de bénéfice de sécurité démontré au niveau collectif.


Questions fréquentes (FAQ)

L'arrêté d'Aurillac s'applique-t-il aux touristes et visiteurs ?

Oui, l'arrêté municipal s'applique à toute personne circulant sur le territoire de la commune, qu'elle soit résidente, touriste ou simplement de passage.

Peut-on être verbalisé si on traverse juste Aurillac sans s'arrêter ?

Oui, dès lors que vous circulez sur la voie publique de la commune d'Aurillac, vous êtes soumis à l'arrêté municipal.

Quelle amende si je n'ai pas de casque ou de gilet à Aurillac ?

L'amende peut aller jusqu'à 150 euros. De plus, les forces de l'ordre ont la possibilité de saisir votre vélo ou trottinette.

L'arrêté d'Aurillac est-il légal juridiquement ?

L'arrêté repose sur le pouvoir de police municipale du maire (article L2212-2 du CGCT). Sa légalité pourrait toutefois être contestée (proportionnalité, liberté de circulation, etc.).

D'autres villes vont-elles suivre l'exemple d'Aurillac ?

Le risque existe que d'autres municipalités suivent, créant une mosaïque réglementaire plus difficile à comprendre pour les usagers.

Le casque protège-t-il vraiment en cas d'accident avec une voiture ?

Il protège surtout dans des chocs à faible énergie. Dans une collision voiture-vélo à vitesse élevée, l’énergie dépasse largement ce qu’un casque peut absorber.

Pourquoi les Pays-Bas n'imposent-ils pas le casque ?

Parce qu’ils misent surtout sur l’infrastructure séparée et la réduction des vitesses, ce qui rend la pratique plus sûre globalement.

Quel impact sur les vélos en libre-service à Aurillac ?

Une obligation de casque casse la spontanéité, donc rend les vélos en libre-service beaucoup moins pratiques.

Un casque de skate ou de trottinette freestyle est-il valable à Aurillac ?

Si l’arrêté exige un casque “homologué”, il faut viser une certification reconnue (souvent EN 1078). Un casque non certifié peut poser problème en cas de contrôle.

L'obligation concerne-t-elle aussi les enfants transportés en vélo cargo ?

Oui, si l’arrêté s’applique à tous les âges, alors un enfant transporté doit aussi porter un casque.

Existe-t-il des dérogations à l'arrêté d'Aurillac ?

Aucune dérogation n’a été communiquée publiquement à ce stade.

Comment contester juridiquement l'arrêté d'Aurillac ?

Un recours pour excès de pouvoir peut être déposé au tribunal administratif compétent, dans un délai légal (souvent 2 mois).


Conclusion : quand on protège les têtes mais pas les cyclistes

L'arrêté d'Aurillac soulève des questions bien plus larges que le simple port du casque. Il interroge notre modèle de sécurité routière : protège-t-on les victimes potentielles, ou régule-t-on les sources de danger ?

Personne ne conteste que le casque offre une protection dans certaines situations. Les données scientifiques le démontrent pour les chutes isolées et les chocs à faible vitesse.

Mais les faits sont têtus :

  • Le casque est peu efficace dans les collisions avec véhicules motorisés à vitesse élevée
  • L'obligation généralisée décourage la pratique du vélo (-30 à -40% en Australie)
  • Moins de cyclistes = moins de sécurité pour ceux qui restent (effet "safety in numbers")
  • Les pays les plus sûrs pour les cyclistes (Pays-Bas, Danemark) n'ont pas d'obligation casque, mais une infrastructure de qualité

L'accident tragique du 18 décembre à Aurillac mérite une réponse. Mais la bonne réponse.

Cette réponse n'est pas symbolique. Elle est coûteuse, exigeante, longue à mettre en œuvre :

  • Pistes cyclables séparées et continues
  • Réduction et contrôle effectif des vitesses
  • Sécurisation des carrefours
  • Sensibilisation des automobilistes

En imposant le casque et le gilet réfléchissant, monsieur Pierre Mathonier, maire d'Aurillac, n'a pas rendu ses rues plus sûres. Il a surtout déplacé le problème, rassuré symboliquement, et fait porter aux usagers vulnérables la responsabilité d'une violence qu'ils subissent.

Le réflexe est ancien, profondément ancré dans notre culture française de la sécurité routière. Mais force est de constater qu'on ne sauvera pas de vies avec ce type d'obligations pour celles et ceux qui n'ont déjà que leur corps pour se protéger.

"La vraie question n'est pas 'pour ou contre le casque', mais 'comment rendre les rues d'Aurillac objectivement plus sûres pour tous les usagers vulnérables'."

Les solutions existent. Elles ont fait leurs preuves ailleurs. Il est temps de les appliquer.


Sources et références

Dernière mise à jour : 25 janvier 2026


📌 Pour aller plus loin :

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